Conservation, restauration de peintures murales et bois polychromes:

Fresques, mezzo fresco, détrempe, huile, sur supports d'enduit, de pierre, de toile, de bois...
Plafonds à la française, décors de boiseries, sculptures monumentales et mobilier liturgique...
Méthodologie de "restauration timide":
-respectueuse de l'oeuvre, sans résines ni produits écotoxiques
-produits naturels et aucune interprétation
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Bonjour chers visiteurs! J'ai créé ce blog afin de partager avec vous mon métier-passion.
Le Patrimoine, l'architecture, les objets qui nous entourent font partie de notre Histoire, que ce soit l'histoire de notre beau pays, ou une petite histoire qui a marqué une région, un village, l'un de nos ancêtres, et nous touche des années après...
Je me consacre coeur et âme à la sauvegarde de ce Patrimoine.
Conserver, restaurer, c'est soigner, préserver...
Et aimer, respecter.


mardi 6 septembre 2011

Journées Européennes du Patrimoine

Je serai au Prieuré de Vontes à Esvres (37) samedi 17 septembre 
et à la chapelle Saint Hubert à Courcelles (45) dimanche 18 septembre.
Je vous parlerai bien évidemment de restauration de Patrimoine!

Venez nombreux!

liens:

dimanche 4 septembre 2011

Des nouvelles!

Bonjour chers visiteurs,

il y avait longtemps que je n'avais pas posté sur mon blog et je vous prie de m'en excuser, plusieurs évènements sont arrivés dans ma vie personnelle ces derniers temps, et j'ai dû aussi faire face à une ennuyeuse panne d'ordinateur.

Je tiens à vous informer que je serai présente au Château de Gizeux(37) samedi 10 septembre, pour la journée "PATRIMOINE ET GOURMANDISE".

Voici le lien pour toute information:

http://www.chateaudegizeux.com/accueil_fr.php?id=63

dimanche 10 avril 2011

Etude sur une cheminée polychrome.

Voici quelques clichés vous montrant une étude préliminaire de cette très belle cheminée du XVème, sur laquelle une peinture du XVIIème attend (assez urgemment) de recevoir un traitement de conservation.


La polychromie est une huile sur pierre ayant reçu préalablement un badigeon de chaux. 
Une première étude attentive montre un décor primitif en dessous, probablement contemporain de la cheminée: quelques lettres d'une possible devise sont visibles sous les zones lacunaires.
La peinture montre une scène historiée de type champêtre avec décor de vestiges, typique, dans le traitement et la construction, du XVIIème siècle. 
Elle est entourée d'un cadre en aplat avec ornements de fleurs de lys ocre sur fond d'azur, le tout reposant sur un faux-marbre de type marbre rouge royal.


Détail de la scène historiée.


Lettres visibles sous une lacune.

Détail d'un personnage.

Détail d'un arbre.

Détail personnages.

Un carré de sondage permet d'évaluer l'adhérence du badigeon de recouvrement. En effet, le décor est encore partiellement recouvert d'une couche de chaux.
Carré de sondage.

L'observation du décor en lumière rasante met en évidence les zones de soulèvement de la couche picturale, afin de déterminer le protocole d'intervention sur les consolidations.
Soulèvement important du décor.

Zones de fissuration et soulèvement de la couche picturale.

Quelques tests de nettoyage dévoilent les teintes, notamment dans les zones couvertes de noir de suie. Ils laissent entrevoir le décor initial... Le nettoyage se fera de façon très méthodique, en commençant par les zones les plus encrassées.

Après dépoussiérage, test de nettoyage au savon neutre.

Carré de nettoyage sur une zone très encrassée, proche de l'âtre.


Test de nettoyage sur les motifs décoratifs.

Test de nettoyage sur la scène historiée: 
le ciel est déjauni, les bruns sont plus profonds.

Les mesures conservatoires reposeront sur un important traitement de consolidation, puis un dégagement et nettoyage minutieux de la peinture.
Une seconde intervention de restauration picturale sera ensuite envisagée...

Les propriétaires de ce bien sont particulièrement attentifs à la pérennité de leur patrimoine, et ont l'air décidé à faire restaurer cette peinture exceptionnelle. On sent en eux l'amour qu'ils portent à cette cheminée et au bâtiment historique qui lui sert d'écrin...
J'espère donc bientôt pouvoir vous faire découvrir les étapes de conservation de ce beaux décor, en collaboration avec une ancienne stagiaire sur le chantier du château de Blois et maintenant à son compte...

Suite de cette aventure au prochain épisode!

lundi 4 avril 2011

Journées des Métiers d'Art, le résumé!

Pour toutes les personnes qui n'ont pu se rendre ce week-end dans les ateliers ouverts et aux différentes manifestations dans toute la France, voici un aperçu de ce qui s'est passé à Montbazon ces trois derniers jours.

Je tiens avant tout à remercier les organisateurs de ces journées:
la Chambre des Métiers et de l'Artisanat, l'Institut National des Métiers d'Art, et particulièrement pour Montbazon la mairie et Danielle Carl, organisatrice passionnée, dévouée et attentive aux artisans d'art...
Et bien entendu les près de 500 visiteurs qui ont fait le déplacement pour nous rencontrer!

Voici quelques clichés mettant à l'honneur les artisans présents, ainsi que le lien vers leur site internet:

Danielle Carl

Brodeuse, restauratrice textile



Nathalie Redzic

Artiste peintre et créatrice de bijoux en métaux précieux



Chantal Kernevel

Modéliste, couturier-tailleur



Olivier Fétiveau

Tapissier-décorateur



Nathalie Borderie
Créatrice de bijoux en verre

contact: nathalieborderie.bijoux@wanadoo.fr


Jean Réthière
Joaillier en bijoux-perles de Tahïti

(pas de site)


Voici un aperçu d'une partie de mon stand et un cliché pris lors d'une démonstration de dégagement de badigeon sur fragment de peinture murale:





Et pour terminer une photo souvenir de pose-déjeuner qui vous montre l'excellente ambiance qui a régné entre nous tous durant ces trois jours!



Les visiteurs ont pu assister à des démonstrations de savoir-faire, s'informer sur les techniques utilisées, s'offrir un bijou, se renseigner pour un projet de couture sur mesure, de décoration ou de restauration...
Ces journées m'ont permis de sensibiliser une fois de plus les gens au Patrimoine, d'expliquer mon métier et le rendre de ce fait plus accessible, de conseiller de jeunes gens sur les formations à faire pour devenir restaurateur, et d'avoir de bien beaux échanges avec curieux et passionnés!
La rencontre avec mes collègues a été aussi très sympathique et enrichissante, nos conversations et partages d'expérience furent nombreux!
Je rappelle aux visiteurs qu'ils peuvent venir me voir à l'atelier, pour toute information, conseil en conservation préventive, visite pédagogique en petit groupe, et projet de restauration ou décor, sur simple appel pour prendre rendez-vous (n'oubliez pas que je suis parfois sur chantier!)...
Je peux bien sûr aussi me déplacer jusque chez vous pour voir votre bien et parler de votre projet.
Encore merci de votre venue ces trois jours, il est bon de voir l'intérêt que suscitent les métiers d'art et notre Patrimoine!

Lien vers article Nouvelle République:

lundi 28 mars 2011

Journées Officielles des Métiers d'Art

Les 1er, 2 et 3 avril prochain ont lieu les Journées des Métiers d'Art partout en France, l'occasion pour les artisans et artisans d'art de vous faire partager leur savoir-faire et découvrir leurs univers.



De nombreux ateliers seront ouverts au public et plusieurs manifestation sont prévues, en partenariat avec la Chambre des Métiers et l'INMA.
Je serai pour ma part à la Maison des Arts et Découvertes de Montbazon (37), ainsi que plusieurs confrères:
-Florence Hardy, peintre en décors.
-Olivier Fétiveau, tapissier décorateur.
-Nathalie Borderie, créatrice de bijoux en verre.
-Jean Rhétière, joaillier.
-Chantal Kernevel, modéliste-couturier-tailleur.
-Danielle Carl, brodeuse-restauratrice de textiles.
-Nathalie Redzic, créatrice de bijoux précieux.

Tous les jours à 15h: 
démonstrations de nettoyage, dégagement ou retouche picturale.

Horaires:
vendredi 1er avril  14h - 18h
samedi 2 avril  10h - 18h
dimanche 3 avril  10h - 18h
Entrée libre, venez nombreux!

Lien vers le programme:
http://www.journeesdesmetiersdart.com/evenement/atelier-du-passe-present

Un article dans la NR:
http://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/ACTUALITE/Infos-Departementales/Artisans-d-art-a-l-honneur

Un article sur "Patrimoine de France":
http://patrimoine-de-france.com/blog/montbazon-journees-officielles-des-metiers-d-art.php

dimanche 13 mars 2011

Amour du Patrimoine contre pouvoir industriel: pas de quartier?


Je me lance dans un nouveau combat pour la préservation et le respect de notre Patrimoine, je souhaite soutenir l'action d'une passionnée qui se retrouve face à un géant de l'industrie:
à Donges, en Loire-Atlantique, une femme se bat pour conserver son manoir du XVème siècle, menacé de destruction en raison des nouvelles règles de sécurité des installations industrielles situées à quelques centaines de mètres de là.


Pourtant depuis 2002 Viviane Bosse Perus restaure courageusement avec quelques artisans passionnés ce splendide exemple de la gentilhommière bretonne du XVème, le sauvant de la ruine. 


Cette restauration toujours en cours est compromise par une épée de Damoclès pétrolifère!
En effet un nouveau périmètre de protection autour de la raffinerie Total de Donges a été présenté à la population: pour cause de proximité avec des cuves de pétrole, six propriétés doivent être délaissées (expropriation!) ou faire l'objet de gros travaux. C'est le cas du Manoir de la Hélardière et de tout le quartier historique attenant, trop proches de ces bacs de stockage bien qu'installés bien avant, il y a des siècles!
Une grande partie du bourg est frappée par le périmètre d'aléas de risques technologiques décidé par  la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement de Loire-Atlantique...
Déjà plusieurs maisons rachetées par Total en 2010 car frappées par ce type de plan sont passées sous les bulldozers, et nombre de dongeois ont déjà du déménager deux fois pour satisfaire à cette expansion industrielle...

Vue sur les cuves des superbes fenêtres à meneaux du manoir...

Le manoir aujourd'hui sauvé de la ruine.

Paroles du coeur de Viviane:
"Je me suis tournée vers la tour en ayant cette sensation qui ne me quitta plus: je suis chez moi ici.
La Hélardière m'offrait ses murs protecteurs, je devais lui offrir mes bras, mes mains, mon courage et ma pugnacité.
Mes bras pour la nettoyer, mes mains pour l'orner, mon courage pour la protéger, ma pugnacité pour la sauver.
Je ne savais pas à quelle lourde tâche je m'attaquais!...
Beaucoup d'efforts pour la nettoyer, beaucoup de patience pour l'orner, beaucoup de volonté pour la protéger... Les combats restent à mener pour la sauver!"

"Lorsque j'ai acquis cette bâtisse elle était envahie par les ronces 
et les eaux pluviales avaient commencés leur travail destructeur."

Si le plan est entériné, le manoir et sa chapelle devraient être ou abandonné, ou "renforcé", c'est-à-dire que des travaux de gros oeuvre dénaturant totalement son architecture devraient être engagés, que les superbes vitraux du XVIème restaurés devraient être remplacés par des vitres à triple vitrage, les peintures murales de la chapelle ne seraient jamais restaurées, et le manoir retomberait dans l'oubli, voire disparaîtrait... 

Les peintures murales et vitraux de la chapelle.

"Total, explique Viviane, a toujours essayé de me décourager dans cette restauration en intervenant sur tous les dossiers de demande de subvention pour m'essouffler financièrement. La direction fait pression pour empêcher Monsieur le Préfet de signer l'arrêté de protection du manoir décidé par la DRAC: le premier arrêté en 2006 n'a jamais été signé, le 2ème se trouve encore à ce jour sur le bureau du Préfet..."
La DRAC a en effet voté unanimement le classement du manoir en 2006, consciente de la grande valeur patrimoniale du site.

Aujourd'hui, le groupe Total, informé de l'action que nous menons pour médiatiser l'affaire et défendre ce patrimoine, devrait tenter un rapprochement avec Viviane, souhaitant peut-être démontrer l'authenticité des actions de sa fondation:
-solidarité
-culture
-environnement
... résumés par cette citation:  
"apprendre aux autres, apprendre des autres".
Oui, il faut apprendre à respecter son prochain, son histoire et son patrimoine et montrer qu'une belle touche de couleur peut surgir au milieu d'une réputation entachée d'affaires sombres comme l'or noir qui sévissent depuis plusieurs années...

Bientôt l'écho sera amplifié, parviendra j'en suis certaine jusqu'aux oreilles du Ministère de la Culture, alerté, s'il ne l'a pas été assez par Viviane, par les acteurs du Patrimoine qui comme moi combattent à ses côtés et dont les liens suivent... Et le Manoir de la Hélardière ne sera pas supplicié comme cette martyre que bientôt vous pourrez aller admirer dans la chapelle si vous vous opposez aussi à cette injustice!


Une pétition est en ligne:
http://www.mesopinions.com/Le-manoir-de-la-Helardiere--patrimoine-menace-par-le-PPRT-d-une-raffinerie-de-TOTAL-petition-petitions-f626ff5039c3f3e2102861c630be0e29.html


Vous pouvez aussi écrire au préfet, sur le bureau duquel est bloqué l'arrêté de protection du manoir décidé par la DRAC, afin de lui faire part de votre indignation et de lui rappeler que les joyaux patrimoniaux et culturels ne doivent pas subir la pression d'enjeux politiques et financiers :
Mr Le Préfet de Loire-Atlantique. 6 quai Ceinerai BP 33515-44065 NANTES cedex 1 
(envoyez-moi s.v.p. une copie par mail, accessible dans "contact" sur mon profil, pour le dossier).

Liens à voir absolument:
Groupe de soutien sur Facebook:
Articles:
Site du Manoir (signez le livre d'or!):
Viviane Bosse Perus vous explique sa situation:
Reportage sur TF1:
Fondation Total:
et ses "actions" pour le Val-de-Loire:

Si elle est expropriée elle sera orpheline de sa passion, 
si elle ne veille plus sur lui le manoir sera détruit...
Viviane a besoin de votre soutien!

jeudi 24 février 2011

Une petite histoire de la peinture...

Dans les cavernes de l'époque paléolithique, on voit apparaître les premières peintures. Le support est préalablement humidifié afin que les pigments puissent plus facilement imprégner la roche. La palette de couleur est réduite : ocre jaune, ocre rouge (terres naturelles) et charbon de bois (couleur déjà "synthétique" car faisant appel à une manipulation). Ces pigments, très solides, sont encore utilisés de nos jours.
L'application se faisait avec les mains, un bâton, mais aussi avec un pistolet à peinture! (Des morceaux d'os creux et effilés dont l'intérieur était rempli de pigment liquéfié, retrouvés près des décors, laissent penser que l’on s’en servait pour projeter le colorant en soufflant). 
La fresque naît en Mésopotamie vers 1800 av. J.C. après la création des premiers fours à chaux.
Les asiatiques, les grecs et les romains développent la technique, qui consiste à appliquer un pigment pur (principalement des terres) dans l'enduit de chaux encore frais,  créant en séchant  une réaction appelée carbonatation qui emprisonne le pigment, le rendant quasi inaltérable. Les fresques de Pompéï  en prouvent d'ailleurs la pérennité.  
Le moyen âge en Occident va être fortement marqué par cette technique, puis par la technique "mezzo fresco" consistant à réhausser la fresque après séchage de lignes de couleurs mêlées à un lait de chaux, réhauts extrêmement  fragiles car non liés.


Dans l'Egypte ancienne, la découverte des liants, mélangés aux pigments naturels, assure à la peinture une meilleure tenue.
Les premiers liants connus sont le jus de figue et le miel.
Les enduits de support à base d'un mélange de boue, de bouse de vache, de poil d'animal ou de paille hachée et de plâtre étaient ensuite décorés avec cette nouvelle technique. 
Ce sont les prémices de la  tempera, principale technique de peinture d'art utilisée depuis ces temps immémoriaux, puis par les peintres d'icônes byzantines, enfin en Europe durant le Moyen Âge.
De nouveaux pigments apparaissent : rouge de cinabre, bleu outremer, bleu égyptien, rejoints, plus tard, par la céruse et le minium de plomb. Des colorants extraits du règne animal ou végétal comme le carmin de Kermès et le pastel sont également utilisés. 
Les enduits deviennent d'une très grande solidité (mélange de chaux éteinte, de craie et de poussière de marbre). 
Il faut ensuite attendre le plein Moyen Age pour voir apparaître un nouveau liant: le blanc d'œuf. De nombreux artistes du Moyen Age et de la Renaissance ont utilisé ce liant qui a d'excellentes qualités de conservation et n'altère pas la fraîcheur des pigments. Puis la détrempe (tempera), à l'oeuf, à la colle de peau,...  prend le dessus sur la fresque et devient la technique de peinture murale par excellence.


Quand la peinture à l'huile fut découverte en Europe vers la fin du Moyen Âge, la détrempe continua encore à être employée pendant un certain temps en tant que sous-couche recouverte par un décor à l'huile coloré translucide ou transparent. Cette technique transitoire mixte fut suivie par une technique de peinture à l'huile pure, qui remplaça presque totalement la tempera au XVIème siècle.
Les toutes premières peintures à l'huile ont été récemment découvertes (2001) en Afghanistan et dateraient du VIIème siècle, préparée à base d'huile de noix ou de graines de pavot desséchées...
Sous la Renaissance l'huile de lin commence à être utilisée par les peintres de chevalet, car elle est plus facile d'emploi et s'applique sur des supports moins bien préparés. 
C'est dans le bouillonnement social de la Renaissance, que la profession de peintre-décorateur va s'organiser.
Elle présente la particularité d'associer l'aspect artistique à celui plus matériel de l'artisan. 
Le support plâtre devient aussi de plus en plus présent, bien que moins résistant, notamment à l'humidité...


En 1720 Charles Laclef, dont l'entreprise deviendra plus tard la Maison Lefranc, s'installe à Paris et entreprend pour la première fois en Europe la fabrication de peintures. 
On peut considérer cette date comme marquant le passage de la préparation des couleurs par les peintres à leur fabrication par des techniciens chimistes. 
Le pigment blanc est l'oxyde de zinc, le lithopone n'apparaîtra que vers 1850. Le dioxyde de titane vers 1920. Il permet aux peintures blanches d’atteindre de grandes performances de couvrant. 
Le pigment noir principal est le noir de fumée, suivi de l'oxyde de fer noir naturel. 
Existent également des noirs végétaux : noir de vigne, noir de fusain (encore utilisé de nos jours dans le dessin), et des noirs animaux : noirs d'os, noir d'ivoire. 
Les pigments de couleur sont principalement les terres : terre de sienne, terre d'ombre, ocre rouge, ocre jaune ou des pigments synthétiques comme : le bleu de Prusse (bleu milori), le bleu d'outremer, le vermillon de mercure, le violet de manganèse...
Les liants, à cette époque, sont les gommes copal qui sont des substances fossiles, provenant de végétaux disparus de la surface du globe. 

Vers 1850, naissent aux Etats-Unis les premières peintures cellulosiques. 
Cette peinture à séchage rapide, restée sans emploi pendant 50 ans, devient une nécessité au début du XXe siècle avec le développement de l’industrie automobile. 
C'est surtout entre les deux guerres mondiales, avec l'arrivée de la pétrochimie, que l'on constate l'extraordinaire éclosion de matières nouvelles : résines glycérophtaliques, vinyliques, silicones, acryliques, polyuréthanes, époxydiques…. Elles apportent de nouvelles qualités de séchage, de brillant, de résistance… 
Les pigments naturels comme les ocres tendent à disparaître pour être remplacés par des oxydes de fer synthétiques qui présentent l'avantage d'être plus fins et donc d'aider à obtenir plus de finesse dans la  peinture, bien que moins stables...
Dès lors les pigments de couleur sont  quasiment tous synthétiques. 


Avec ces techniques nouvelles, l'art moderne et contemporain marquent une évolution de la peinture, qui est passée d'un rôle traditionnellement historique et documentaire, à celui de concept.